Page 32 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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               avec comme justification une démarche commerciale qui est difficile à comprendre.  Depuis 2024,
               un nouveau contact a pu être établi sur les deux circonscriptions de Villeneuve d’Ascq et cela a

               permis  la  réalisation  d’une  fresque  dans  le cadre des commémorations du 80e anniversaire du

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               massacre  et, dans un prolongement, une communication autour du mémorial. Ainsi, une ébauche
               de communication s’effectue désormais, elle représente un large chantier qui attend encore d’être

               étoffé avec, entres autres, une brochure pédagogique.

                       Sur  un  autre  sujet,  la  gestion  du  mémorial  est  pointée  du  doigt  pour  sa  nouvelle

               muséographie, différente de celle du musée, qui est décrite comme trop distante et surtout basée

               autour du contexte historique. Les reproches mettent en lumière le fait qu’il n’y ait qu’une salle

               pour les massacrés, pas assez d’objets-martyrs exposés. Ces choix sont à noter dans un désir de

               faire contrepoids du musée du Souvenir qui lui était entièrement tourné vers la figure de la victime.
               Ces  reproches  viennent  souvent  des  familles  des  massacrés,  encore  ancrées  dans  le quartier

               d’Ascq et pour qui la mémoire des événements est vive et ne saurait souffrir d’un traitement trop

               factuel. La question de la gestion d’un lieu de mémoire contemporain intervient ici et il convient

               d’établir  les  limites  entre  répondre  aux  attentes  d’une  communauté  investie  tout  en  restant

               proche de la réalité historique. Cette question est d’autant plus illustrée à Ascq qu’il y a une haine

               de la figure du résistant pointé comme responsable de la tuerie et dont la place dans la mémoire

               est  à  bannir.  Lors  des  commémorations  du  mois  d’avril,  des  familles  ont  fait  entendre  leur

               mécontentement quant à l’évocation du groupe d’Ascq et remettent fréquemment en cause leur

               présence  aux  côtés  des  victimes  du  massacre.  Ces  reproches  sont  directement  faits  à  la
               municipalité et à l’équipe muséale, des demandes spéciales qu’il faut traiter avec le plus grand

               discernement possible pour faire en sorte de ne pas sacrifier le message scientifique du massacre

               au profit d’une mémoire purement victimaire et qui choisit ce qu’elle veut mettre en avant sans

               aucune  neutralité  pourtant  essentielle  dans  le  travail  de  l’historien.  Dans  ce  questionnement,

               Quentin  Duhem  me précise qu’il aimerait pouvoir mettre en place un panneau sur la figure d’un

               résistant et donc offrir une nouvelle place aux résistants dans le musée là où ils sont très peu

               représentés.
                       Une prise de parti est quand même visible au mémorial avec le choix de susciter l’empathie

               qui se retrouve également dans la médiation et pour compléter le traitement global très factuel


               47  Entretien avec Monsieur Quentin Duhem, mai 2024.
               48  Voir annexes 1 et 2..
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