Page 27 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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               notamment  du  manque  d'expérience  des  résistants,  les  dégâts  sont  infimes  ;  seuls  quelques

               wagons déraillent mais aucune perte n’est à déplorer, il n’y a même pas de blessés dans les forces

               allemandes. Le sabotage a donc totalement échoué et l’armée allemande opte pour des actes de

               représailles  immédiats  sur le bourg d’Ascq. La mise en action des soldats allemands n’est pas
               directe, un état des lieux est dressé pour comprendre l’incident et il faut presque une demi-heure

               avant que les ordres soient donnés. Les premiers témoins sont l’aiguilleur mais aussi un employé

               de  la  gare, Elie Derache, et quelques Ascquois qui sortent alors du cinéma et s’empressent de

               rentrer chez eux.

                       Les  ordres  sont  graduels,  des changements de procédés notamment dans le choix des

               raflés ; on commence par sortir de force les familles entières, femmes, hommes et enfants. Les

               premières victimes sont les habitants autour de la gare, les exécutions sont effectuées dans une
               violence totale, les femmes et enfants sont finalement renvoyés pour ne garder que les hommes.

               Dans la gare, Elie Derache et le chef de gare, M. Carré, entrent en contact avec la permanence de la

               gare  de  Lille  et  la  gendarmerie  de  Lannoy.  Si  cette  communication  est  d’abord  établie  pour

               demander l’arrêt de la circulation à hauteur d’Ascq et prévenir de l’incident survenu, en entendant

               les coups de feu et les cris, Elie Derache demande des secours pour stopper la fusillade qui prend

               place dehors. Les deux hommes ne sont d’ailleurs pas épargnés et sont violentés par les soldats

               allemands qui les blessent tous deux.

                       Dans  le  village,  les  SS  s’organisent  sommairement  ;  ils  commencent  par  tirer  sur  les

               façades des bâtiments donnant sur la gare avant d’entrer dans les maisons et d’en extirper les
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               hommes.  Il  est  alors  autour  de  23h10 ,  les  raflés  sont  parfois  en  pyjama,  parfois  pieds  nus,
               habillés à la hâte et on leur fait comprendre qu’ils doivent se diriger vers les rails pour effectuer

               des travaux de réparation. Pourtant, ils forment les deuxième et troisième groupes d’otages qui

               seront  fusillés  bien  que certains essayent de fuir en traversant un champs en courant. Les SS

               décident alors de placer des soldats dans la maison de la famille Roseau qu’ils investissent et

               tirent sur les quelques fuyards. Marcel Roseau témoigne d’ailleurs ; “Et ils ont chargé leur revolver.

               Et immédiatement, ils sont partis à la porte devant. Et comme je n’étais pas rassuré sur leurs
               intentions, je n'ai fait aucun geste. Et à ce moment-là, je me suis assis à la table, et puis, j’ai

               attendu. Les coups de fusil et coups de revolver, coups de mitraillettes se passaient devant chez


               42  Duhem Jacqueline. Ascq 1944: Un massacre dans le Nord, une affaire franco-allemande, Les Lumières de Lille
               Éditions, p. 266, 2014.
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