Page 29 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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               création, dans un premier temps d’un musée en 1984. Antérieurement à la création du musée, des

               expositions temporaires sont mises en place dans le cadre des commémorations dont la première

               qui se tient en 1979 dans le dispensaire. Les commémorations ne prennent pas place à une date

               fixe  mais  se  calquent  sur  le  calendrier  liturgique  avec  des  événements  lors  du  week-end  des
               Rameaux, le massacre étant survenu à cette période et l’attachement religieux de la population

               ascquoise  étant  relativement  important.  Les  commémorations  sont  importantes  dans  le

               processus de souvenir des rescapés et des familles des massacrés et sont donc une demande

               générale.  Les  expositions  et  le  musée  sont  à  l’initiative de la Société historique de Villeneuve

               d’Ascq et du Mélantois (SHVAM) créée en 1974 par le Dr Jean Marie Mocq. Figure majeure dans le

               récit du massacre d’Ascq, le Dr Jean Marie Mocq écrit plusieurs ouvrages comme Ascq 1944 : la

               nuit la plus longue publié en 1971 ou encore Ascq, 1er avril 1944 : la longue marche du souvenir en
               1984. Il crée, avec la collaboration de Gérard Chrétien, un fils de massacré, le Musée du Souvenir

               des victimes d’Ascq. Il est inauguré en 1984 par le Premier Ministre Pierre Mauroy. Le musée est

               donc administré par une association dans le cadre de la mémorialisation des lieux de massacre de

               la Seconde Guerre mondiale. L’initiative se détache d’un ancrage étatique et relève d’une décision

               que l’on peut rattacher à la communauté fortement touchée de la commune d’Ascq. En effet, 80

               ans  après  les  faits,  la  douleur  et  la  mémoire  sont  encore  vives  dans  le quartier. Pourtant, un

               glissement  s’opère  pour  passer du musée au mémorial et cette différence est expliquée par la

               façon de présenter les faits. Le musée voit le jour en 1984 soit peu de temps après la fin de la

               Seconde Guerre mondiale qui a été vécue, de près comme de loin, par une majorité de la population
               adulte. Le mémorial, quant à lui, est établi en 2005 et cible majoritairement un public scolaire qui

               n’a  pas  directement  vécu  le  conflit.  Le  choix  de  la muséographie est totalement à revoir pour

               prendre en considération ce changement majeur et ancrer la présentation du massacre dans un

               contexte de conflit global pour le comprendre dans sa complexité. C’est pour cela qu’en 2005, une

               nouvelle muséographie est créée afin de resituer le massacre dans le contexte historique de la

               Seconde Guerre mondiale et d’insister sur les souffrances des civils face à la guerre. L’expression

               du devoir de mémoire et du “plus jamais ça” s’installent dans le Mémorial Ascq 1944 comme dans
               beaucoup  d’autres  structures  muséales  retraçant  des  faits  marquants  de  la  Seconde  Guerre

               mondiale. D’ailleurs, la muséographie est chronologique avec une ligne de temps et huit espaces

               thématiques et les couleurs reflètent un parcours cohérent pour amener le visiteur à comprendre
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