Page 28 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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moi, à côté de chez moi. (...) Entre deux fusillades, ils venaient recharger leur révolver, et puis
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entre deux, ben, ils s’étaient amusés, ils buvaient un verre de bière.” . Les exécutions
s’enchaînent, on conduit le quatrième groupe vers les rails pour subir le même sort que les autres
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hommes du village, il est alors environ 0 heure 40 lorsque les appels à l’aide aussi bien d’Elie
Derache que Maurice Roques aboutissent à une intervention de la part de la Feldgendarmerie de
Lille. Cette division allemande diffère des SS par son expérience et sa formation militaire, la
Feldgendarmerie ne fait pas preuve de la cruauté des SS, dictée par les idéaux nazis dont ils sont
nourris. Des pourparlers avec les autorités SS sont organisés dans la hâte et le massacre est
finalement stoppé. On fait état de 86 victimes âgées de 15 à 74 ans, dont 77 abattus le long de la
voie ferrée. Les autres victimes sont retrouvées devant la maison Roseau ou plus loin, comme
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pour le cas de l’abbé Gilleron et deux réfugiés d’Hellemmes qui ont été abattus dans le presbytère.
Concernant le groupe d’Ascq, celui-ci est difficilement dissociable des massacrés mais traité
d’une manière différente. Les résistants rescapés du massacre connaissent un sort tout aussi
tragique et six résistants, dont quatre ayant participé au sabotage, sont arrêtés et fusillés le 7
juin après avoir été dénoncés. Les massacrés laissent derrière eux 75 veuves et 127 orphelins qui
vont prendre des actions emblématiques majeures.
1.2. Du dispensaire au mémorial
Le massacre ayant laissé un nombre important de veuves et d’orphelins, une demande
émane dès la fin de la guerre ; celle de créer un dispensaire à l’endroit même où les massacrés ont
perdu la vie. La symbolique est forte, il s’agit de célébrer la vie là où maris et fils ont connu une
mort brutale. La réalisation du bâtiment est laissée aux architectes et frères Arsène-Henry Xavier
(1919-2009) et Luc (1923-1998) sur une parcelle appartenant au fermier Paul Delmotte. Le 13
juillet 1947, Vincent Auriol qui est alors président de la République, pose la première pierre du
monument des fusillés. L’inauguration a lieu le 09 octobre 1955 et le dispensaire voit le jour en
même temps que l’Ensemble du Souvenir. Le dispensaire fonctionne comme maternité jusqu’à la
43 Le massacre d'Ascq, Une métropole des regards, Fresques ina :
https://fresques.ina.fr/mel/fiche-media/Lillem00040/le-massacre-d-ascq.html
44 Duhem Jacqueline. Ascq 1944: Un massacre dans le Nord, une affaire franco-allemande, Les Lumières de Lille
Éditions, p. 266, 2014.
45 Ibid.

