Page 40 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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               Partie   3 : Etude   comparée   et  mise   en  regard   avec   des  structures   similaires
                   1.    Lieux   de  massacre   de  la  Seconde   Guerre   mondiale   en  France

                       1.1.   Le  Centre   de  la  mémoire   d’Oradour-sur-Glane   et  le  massacre   de  Tulle
                          ●  Contextualisation

                       L’illustration même du massacre de civils au cours de la Seconde Guerre mondiale réside

               dans  les  massacres  opérés  dans  le  Limousin  au  cours  de  l’été  1944.  Dans  un  contexte  de

               répression  similaire  à  celui  qui  a  pris  place  à  Ascq,  la  division  Das  Reich  avait  pour  mission

               principale  d’actes  de  représailles  violents  sur la population civile avec pour but de faire régner

               l’ordre  dans  une  zone  où  les  groupes  de  résistance,  appelés  maquis,  sont  nombreux.  Dans  la
               mémoire populaire reste le massacre du village désormais qualifié de martyr d’Oradour-sur-Glane

               mais aussi les crimes commis à Tulle qui compte 99 pendus le 9 juin puis le lendemain à Oradour,

               643  victimes.  Les  massacres  survenus  à  Ascq  comme  à  Oradour-sur-Glane  sont  d’une  infinie

               violence avec, dans le cas d’Oradour surtout, une tentative d’élimination totale des victimes allant

               jusqu’à utiliser le feu ou recourir à la fosse commune. Parfois appelée “l’Oradour du Nord”, Ascq doit

               l’arrêt du massacre à une intervention de la Feldgendarmerie de Lille.


                          ●  Choix du lieu

                       Comme  à  Ascq,  le  choix  est  très  vite  fait  de  garder une certaine mémoire bien que le

               processus  de  mémorialisation  ne  soit  pas  le  même.  En  effet, à Ascq, ce sont les familles qui

               portent  l'initiative  là  où  à  Oradour,  la  décision  émane  le  28  novembre  1944  du Gouvernement

               provisoire  qui  prend  la  “décision  de  classer  et  de  conserver  les  ruines,  attirant  ainsi  la

               reconnaissance  nationale  sur  Oradour.  Ces  mesures  érigent  le  village  martyr en symbole d’une

               France blessée par l’occupation allemande. Lors de sa visite en mars 1945, le général de Gaulle
               rappelle “qu’un lieu comme celui-là reste une chose commune à tous, une chose où tout le monde

                                                                                         51
               reconnaît le malheur commun, la volonté commune et l’espérance commune””.   Plus encore qu’à
               Ascq, le village est élevé au rang de martyr, une réflexion pouvant être apportée sur la portée de ce

               terme. En effet, le martyr est avant tout une figure religieuse avec comme sens premier apporté

               par le Centre national de ressources textuelles et lexicales (cnrtl) “personne à qui on a infligé des

               supplices et/ou la mort parce qu'elle a refusé d'abjurer sa foi.”  et il est précisé sur le site du
                                                                           52

               51  Lieu de mémoire, Village martyr, Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane. https://www.oradour.org/lieu-de-memoire
               52  Définition du terme martyr, https://www.cnrtl.fr/definition/martyr
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