Page 25 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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Partie 2 : Présenter un massacre : l’étude de cas du Mémorial Ascq 1944
Villeneuve ,d’Ascq est une ville nouvelle, née dans les années 1970 de la politique
volontariste de l’Etat dont le but est de décongestionner la ville de Lille alors en pleine croissance
notamment démographique. De même, le choix est fait de faire de cette ville nouvelle un pôle
universitaire majeur. Dans les décisions autour de cette création, le nom de la ville est choisi ; on
tranche pour Villeneuve-en-Flandre pour désigner la fusion des communes d’Ascq, Annappes et
Flers. Très vite, des protestations se font entendre parmi la population ascquoise qui refuse de
laisser disparaître le nom de leur village. Cette contestation populaire s’explique par une volonté
de garder en souvenir un épisode tragique survenu lors de la Seconde Guerre mondiale. La mémoire
prend alors le pas sur la politique, la mobilisation d’une communauté influe jusqu’aux décisions qui
relèvent de l’autorité gouvernementale et plus que jamais le devoir de mémoire se fait entendre.
1. Le massacre d’Ascq et le choix de sa mémorialisation
1.1. Remise en contexte : le massacre d’Ascq
En 1944, Ascq est un bourg d’environ 3 500 âmes du nord de la France, il se situe à égale
distance du chef-lieu du département du Nord et de la frontière belge. Les Ascquois y sont
principalement cheminots, travaillent à Lille dans le domaine de l’administration ou dans
l’industrie, comme ouvriers. Lorsque l’Occupation se met en place, Ascq comme la totalité de la
région Nord Pas-de-Calais se retrouvent rattachés au commandement militaire effectué depuis
Bruxelles par le général von Falkenhaussen nommé le 1er juin. Située sur un axe ferroviaire
important reliant la ville de Lille aux villes belges de Tournai puis Bruxelles et Charleroi, la gare
d’Ascq voit passer des trains de marchandises allemands ou encore des trains de civils voulant
rejoindre la Belgique. La place d’Ascq est stratégique, les forces nazies en sont conscientes et
font surveiller la gare par des soldats. Cette surveillance accrue n’empêche pas la création d’une
force de résistance qui commence cependant à se faire entendre au cours de l’année 1943 ; il
s’agit du groupe d’Ascq issu du mouvement Voix du Nord. Ce groupe constitué de
cheminots-résistants dont Paul Delécluse est à la tête. Le groupe est encore largement
inexpérimenté et s’entraîne aux actes de sabotage sur la voie ferrée mais est en lien direct avec le

