Page 24 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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                       La  mémoire  ne  pouvant  s’arrêter  aux  seuls  lieux  de  mémoire,  des  initiatives  de

               conservation sont également mises en place pour documenter et préserver les témoignages des

               survivants qui souffrent également du temps qui passe et de la disparition des témoins directs

               pourtant  acteurs  de  la  mémoire  de  la  Seconde  Guerre  mondiale  et  qui  donnent  parfois  de  la
               profondeur au discours véhiculés par les musées. Dans ce sens, il n’est pas rare de trouver des

               enregistrements  de  témoins  humains  dans  les  musées  sous  forme  de  vidéos  ou  d’audio  qui

               viennent compléter le parcours muséal. Pourtant, tous les lieux de mémoire majeurs de la Seconde

               Guerre  mondiale  ne  nous  sont  pas  parvenus  et  pour  illustrer  ce propos, il convient de prendre

               l’exemple du Vél' d'Hiv'. Lieu d’internement de masse lié à la plus grande rafle pendant l’Occupation,

               il est démoli en 1959. Symbole de la collaboration du régime de Vichy, le Vél' d'Hiv' a été le lieu de

               rassemblement de plus de 13 000 Juifs arrêtés en l’espace de deux jours en juillet 1942. Ce stade
               du Vélodrome d'Hiver est situé sur le quai de Grenelle dans le 15e arrondissement de Paris mais

               n’existe plus à ce jour et cet exemple pose la question de la préservation des lieux de mémoire.

               Beaucoup  trop  nombreux,  il semble impossible de tous les garder dans leur état d’origine et la

               mémorialisation  ne fait pas partie des priorités de l’Etat après la Seconde Guerre mondiale. En

               effet, l’heure est à la reconstruction le tout dans un climat de Guerre froide, le choix des lieux à

               sanctuariser est à faire et les anciens camps ne sont pas prioritaires. L’historienne Anne Grynberg

               écrit  “il  semblait,  à  l'évidence,  que  ces  camps  ne  relevaient  pas de la catégorie des "lieux de

               mémoire" que la France s'était choisie. Dans la plupart des cas, il ne reste aucun signe matériel

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               susceptible de contrarier le travail de l'oubli."
























               38  Grynberg Anne. Les camps de la honte : Les internés juifs des camps français (1939-1944), La Découverte, 2013.
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