Page 14 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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               leurs  créateurs,  à  commémorer  un  moment  précis  ou  un  événement  complexe du passé” . La
               complexité  des  conflits  est à noter, celle de la Seconde Guerre mondiale se démarque par ses

               nombreuses  victimes  civiles massacrées comme avec la Shoah ou les représailles des armées

               allemandes  sous  l’Occupation  en  France.  Il  est  alors  difficile  d’aborder  le  conflit,  de  le
               contextualiser dans une époque où l’heure est à l’amnistie des collaborateurs avec la loi Duveau de

               1953. Le discours du mémorial est imaginé dans ce climat de réconciliation mais la question de

               cet  effacement  du  bourreau  au  profit  de  la  victime  est  à  questionner  dans  son  fondement

               historique  ;  cette  réconciliation  n’est-elle  pas  une  sorte  de  réécriture  d’une  histoire  que  l’on

               considère  comme  honteuse  par  sa  violence  extrême  ?  Sophie  Wahnich  analyse  le  “refus  des

               émotions au musée” comme un “refus d’élaborer la rupture avec ce passé”  et aborde le fait que le
                                                                                   20
               musée  comme le mémorial n’est pas propice à véhiculer la honte mais plutôt de s’en détacher
               après l’avoir compris et ressenti.




                       1.3  Comprendre   et  définir   l’historial
                       .

                       L’historial a une portée différente du musée de guerre ou du mémorial, il est moins fréquent

               et plus difficile à appréhender totalement. Défini comme un musée, il est cependant associé à un

               lieu ou un personnage particulier ce qui le différencie du musée de guerre comme il a pu être défini
               au  cours  de  cette  réflexion.  Le  terme  même  d’historial  n’est  pas  facilement attribuable à une

               personnalité, il aurait été inventé par Gerd Krumeich lors de la création de l'historial de la Grande

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               Guerre .  Le  terme est d’ailleurs utilisé dans le domaine de la philosophie avec une provenance
               attribuée à Henry Corbin, philosophe français ayant entrepris de traduire les écrits du philosophe

               allemand Martin Heidegger. Dans un domaine comme dans l’autre, l’historial s’associe à l’histoire

               et marque une temporalité, mais les sens du mot semblent être à dissocier dans le sens abordé

               dans ce mémoire. Ainsi, dans l’application de ces termes, il convient de citer en exemple le cas de
               la  figure  de  Charles  de  Gaulle  autour  de  laquelle  les  différentes  formes  de  lieux  de  mémoire

               évoqués existent avec à la fois un historial mais aussi un musée. La différence est alors difficile à

               établir mais bien réelle, elle relève d’une nécessité de mettre en avant la mémoire et sa réalisation



               19  Riegl Aloïs. Le culte moderne des monuments. Son essence et sa genèse, Paris, Le Seuil, pp. 85, 1984 [1903].
               20  Wahnich Sophie. “Les musées d'histoire du xxe siècle en Europe”, Études, vol. 403, no. 7-8, pp. 29-41, 2005.
               21  Bermond Daniel , Krumeich Gerd , Un amour de Jeanne, Historia, n°372, 2012.
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