Page 11 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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               associations et municipalités sont encouragées dans leurs entreprises, ce sont ainsi 37 musées

               de la Seconde Guerre mondiale dont 11 musées de la Résistance et de la Déportation qui sont

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               créés dans les années 1970 . Un élan d’intervention du gouvernement se fait pourtant remarquer
               en  1954  avec  la  création  d’un musée national puis en 1960 avec la création du Commissariat
               général  aux  monuments  commémoratifs  des  guerres  mondiales  et  de  la  Résistance.  Dans  ce

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               même élan, le décret du 24 avril 1985  pérennise les décisions autour de la création de musées
               avec  la  Commission  interministérielle des musées des deux guerres mondiales. En 2012, Célia

               Fleury interroge cette “muséification de la Seconde Guerre mondiale” et relève la question de la

               “représentation  des  différentes  forces  militaires,  officielles  ou  non,  politiques,  intérieures  et

               extérieures”. En s’appuyant sur ces réflexions, il est possible d’interroger la place du musée de

               guerre  sur  un  conflit  d’une  ampleur  particulière  qui  s’inscrit  dans  un  temporalité  relativement
               proche. Quelles sont alors les limites du musée et du travail de l’historien ? Des témoins vivants

               persistent à ce jour, est-il alors question d’exclure la mémoire individuelle pour ne laisser la place

               qu’à  la  question du fait historique ? A ce sujet, Célia Fleury cite Laurent Gervereau qui met en

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               avant le “danger du tout-mémoire et de l’instrumentalisation de l’histoire”  et va jusqu’à interroger
               la  pertinence  des  musées  d’histoire.  Cette  position  n’est  pas  isolée  et  d’autres  historiens

               émettent un questionnement sur le traitement de la mémoire face au musée, Pierre Nora parlait

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               alors de la “tyrannie de la mémoire” . Le musée subit la mémoire, les années 1970 en sont le
               parfait  exemple  avec  un  impact  direct  sur  les  choix  muséographiques  et  sur l’organisation du

               parcours présenté aux visiteurs. Le musée est alors un instrument par lequel un message unique
               est véhiculé en finalité ; le “plus jamais ça”. Il est d’ailleurs important de relever l’absence d’un

               musée  national,  unique  et  plus  important,  dans  le  paysage  muséal  français  pour  traiter  de  la

               Seconde Guerre mondiale à la faveur d’un éclatement de petites structures in situ propres à la

               décentralisation globale évoquée précédemment.




               11  Barcellini, Serge. “L’intervention de l’État dans les musées des guerres contemporaines”. Boursier, Jean-Yves.
               Musées de guerre et mémoriaux : Politiques de la mémoire. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme, pp.
               35-48, 2005.
               12  Décret n°85-464 du 24 avril 1985.
               13 Gervereau Laurent. “Avons-nous besoin de musées d’histoire ? Essai de typologie comparée et perspectives”, in E.
               Pénicaut, G. Toscano (éds), Lieux de mémoire, musées d’histoire, Paris, La Documentation Française, coll
               Musées-Monde, 2012.
               14  Nora Pierre. “L’ère de la commémoration”, in Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, Paris, Gallimard, 1992,
               “Quarto”,t. III, 1997.
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