Page 17 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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               “permettent de réintégrer sa propre histoire personnelle et familiale dans la "grande Histoire"” . La
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               question posée par Anne Bourgon repose sur l’efficacité de la “mise en scène de l’histoire”  dans
               une  optique  d’éducation du public et plus particulièrement le jeune public. En effet, la Seconde

               Guerre mondiale, plus que les autres conflits contemporains de par sa surreprésentation muséale,
               semble être abordée selon des normes muséographiques particulières avec une similitude entre

               les structures français dans la façon de l’aborder. Ainsi, le “plus jamais ça” prône tout comme le

               désir  de  susciter  de  l’empathie  et  les  lieux  de  mémoire  deviennent  des  lieux  de  construction

               sociale  à part entière. Du message historique encadré par un conseil scientifique, le public est

               face à l’extrême violence du XXe siècle. Une différence est à noter dans les catégories du public

               avec  un public plus âgé qui peut avoir vécu les tensions de cette période et apporte sa propre

               expérience personnelle avec lui tout comme le jeune public qui est en quelque sorte détaché de
               ces faits puisqu’il n’a pas été confronté à la réalité de la guerre.




                       2.2.   Tourisme   mémoriel   et  tourisme   de  masse


                       Dans un phénomène mondial de muséification de la Seconde Guerre mondiale, le tourisme

               mémoriel n’est pourtant pas nouveau et s’opère déjà en réponse à la Première Guerre mondiale

               notamment à Verdun, haut lieu de ce conflit. L’afflux de visiteurs dans ces communes (Verdun ou
               encore Oradour-sur-Glane pour la Seconde Guerre mondiale) crée une réelle demande touristique

               entraînant le développement de l’offre hôtelière mais aussi la création de souvenirs comme des

               cartes postales. Finalement, le tourisme mémoriel s’inscrit dans une offre déjà existante et se

               compare  au  tourisme  de  lieux  comme  le  château  de  Versailles  ou  le  Mont Saint-Michel. Cette

               similitude  renvoie  le  tourisme  mémoriel  au  tourisme  de  masse,  ces  structures  cherchent  à

               recevoir toujours plus de public et s’équipent en conséquence pour faire face à l’augmentation de

               la fréquentation. La contradiction est flagrante entre le devoir de mémoire, l’aspect solennel que
               devraient  revêtir  ces  lieux  là  où,  dans  les  faits,  Anne  Bourgon  remarque  que  “dans  certaines

               régions,  le  tourisme  de  mémoire  constitue un complément de l'offre touristique traditionnelle ;







               27 Bourgon Anne ,de Saint-Albin Hermine, Fontaine Thomas. "valorisation et mise en réseau des lieux de mémoire de
               l'internement et de la déportation en Seine-Saint-Denis", Topographie de la mémoire.
               28  Ibid.
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