Page 18 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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dans d’autres (Normandie, Lorraine, par exemple), il devient structurant pour le territoire” . Dans le
même article, des données chiffrées permettent de comprendre l’enjeu majeur derrière le tourisme
mémoriel ; 400 000 visiteurs au Mémorial de Caen, 300 000 à Oradour-sur Glane et le camp de
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Natzweiler-Struthof, 180 000 au Mémorial de la Shoah à Paris . Une intervention forte de l’Etat
continue de pousser la mise en place d’un tourisme de mémoire toujours plus important avec une
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ambition d’une “offre touristique d’excellence à visibilité internationale” . Tous les lieux de
mémoire de la Seconde Guerre mondiale n’étant pas gérés par les mêmes personnes, il est
possible d’étudier la stratégie adoptée par la direction de la mémoire, de la culture et des archives
(DMCA) relevant du ministère des Armées. Celle-ci regroupe de nombreuses missions comme
l’entretien, la restauration mais surtout la valorisation des lieux de mémoire dépendant du
ministère des Armées. Pour avoir une portée plus importante, la DMCA s’engage dans les
démarches effectuées par des collectivités territoriales ou des associations en charge de lieux de
mémoire avec des fonds dédiés à leur développement dans le sens d’un tourisme toujours plus
performant. Des initiatives gouvernementales vers l’essor du tourisme mémoriel sont à noter
comme la création du réseau des musées et mémoriaux des conflits contemporains (RMMCC) qui
compte actuellement plus d’une centaine de membres, le label “Qualité Tourisme” développé par le
ministère en charge du tourisme (DGE) et le ministère des Armées (DPMA), un site et une revue
appelés Chemins de mémoire ou encore une étude nationale sur le tourisme mémoriel français
pour permettre de quantifier sa portée globale. Ainsi, on apprend que les “sites historiques relatifs
aux conflits contemporains avaient attiré plus de six millions de personnes en 2010 et produit
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près de 45 millions d'euros de chiffre d'affaires (sites marchands uniquement)” . Sur le modèle du
tourisme récréatif que l’on rencontre majoritairement, le tourisme mémoriel suit une logique de
tourisme de masse et de développement accru avec depuis 2013 une participation au Salon
mondial du tourisme mais aussi aux Journées européennes du patrimoine qui porte à questionner
le statut même du lieu de mémoire. Ces décisions peuvent-elles compromettre le message porté
par ces lieux ? Vont-elles contre la notion même de mémoire ? Il faut souligner que cette mise en
tourisme accélérée vient se heurter à la conception presque religieuse du lieu de mémoire et vient
29 Bourgon Anne ,de Saint-Albin Hermine, Fontaine Thomas. "valorisation et mise en réseau des lieux de mémoire de
l'internement et de la déportation en Seine-Saint-Denis", Topographie de la mémoire.
30 Ibid.
31 Tourisme de Mémoire, Chemins de mémoire, https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/tourisme-de-memoire-1
32 Ibid.

