Page 7 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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               (dont le mémorial serait un des modèles), mobilisant des acteurs divers aux objectifs différenciés

               (entre lieux de souvenir, mémoire nationale et mise en tourisme). Elle est donc un des vecteurs de

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               la fabrique territoriale d’un groupe constitué ou d’une nation. Cette “géographie du souvenir”  est à
               interroger par le biais de la patrimonialisation et des choix de conservation opérés. Elle pose des
               questions sur “l’immatérialité mémorielle dès lors qu’il ne subsiste aucune trace, ou presque, suite

               à des destructions massives ou ciblées (...) ou lorsque des opérations de rénovation entraînent la

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               destruction de quartiers industriels et l’effacement de la mémoire ouvrière.”  La mémorialisation
               sort  ainsi  du  seul  domaine  historique  et  connaît  des  perspectives  géographiques  ou  encore

               sociales.

                       La  présentation  de  la  Seconde  Guerre  mondiale  dans  les structures culturelles met en

               lumière  de  nombreuses  limites  et  interrogations.  Conflit  à  la  portée  décisive,  le  travail  de
               l’historien est de trouver les meilleures ressources et les meilleurs outils pour une introduction du

               propos  au  public qui se veut intelligible et qui intègre toute la complexité du récit. En effet, le

               travail  de  l’historien  est  scientifique,  factuel,  il  n’est  pas  question  de  remettre  en  cause  les

               événements passés mais d’en saisir la profondeur et d’interroger les sources mises à disposition.

               Pourtant,  il  est  important  de  garder  en  mémoire  que  les  destinataires  des  messages  de  ces

               structures  culturelles,  comme  les  musées,  ne  sont  pas  forcément  formés.  Effectivement

               beaucoup  n’ont  pas  le  bagage  qu’un historien peut avoir et cette caractéristique demande une

               pédagogie  adaptée.  Le  défi  repose  sur  le  fait  de se mettre à la hauteur du grand public, de la

               personne  lambda  venue  au  musée  pour  recevoir  des  informations  et découvrir une perspective
               nouvelle sur un sujet dont la maîtrise varie d’un individu à un autre. Il n’est pas question pour le

               visiteur  d’être  face  à  un  discours  qu’il  ne  pourrait  pas  s’approprier  et  c’est  le  défi  que relève

               l’équipe scientifique de toute structure culturelle.

                       Ce mémoire prendra le parti de ne traiter que de la période contemporaine avec un accent

               mis  sur  la  Seconde  Guerre  mondiale  bien  que  des  liens  seront  établis  avec  d’autres  conflits

               contemporains comme la Première Guerre mondiale, les conflits autour de la colonisation puis de

               la  décolonisation  qui  sont  des  faits  inhérents  à  la  période contemporaine et représentent des


               3  Chevalier Dominique (2017), Géographie du souvenir : ancrages spatiaux des mémoires de la Shoah, L’harmattan,
               coll. « Géographie et cultures », 244 p.
               4  Mémoire, Géoconfluences, 2023
               http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/memoire#:~:text=La%20m%C3%A9morialisation%20est%20une%20form
               e,%C2%BB%20(Lazzarotti%2C%202019).
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