Page 60 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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Conclusion
Les grands projets des lieux de mémoire étudiés dans cette réflexion sont presque tous
issus d’une politique que l’on peut dater après les années 1980. Dans un premier temps, les
initiatives sont locales et peu suivies par le cadre étatique. Les bâtiments ne sont pas toujours
protégés, les villages détruits sont La question de la mémorialisation des lieux de massacres de la
Seconde Guerre mondiale en France amène inévitablement à questionner le processus et la place
accordée à cette notion dans notre société. Pour traiter de la question, des paradigmes se
succèdent et encadrent la vision populaire mais aussi scientifique de la Seconde Guerre
mondiale.reconstruits sans prendre en compte la valeur des vestiges et restes existants, le travail
de mémoire n’est pas encore une priorité ou pas une priorité dans la manière dont elle est
imaginée aujourd’hui. Le premier temps, celui qui suit la fin de la guerre, est une politique
d’héroïsation notamment auprès de la Résistance. Cette vision n’est pas le fait de décisions
globales mais plutôt la réponse au consensus trouvé entre le Parti Communiste français et la
majorité gaulliste alors au pouvoir. Il est décidé de créer une “mémoire collective” et de poser la
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Résistance comme une “épopée patriotique unanimiste” , pour reprendre les propos de Jean-Yves
Boursier en 2005. L’Histoire est manipulée pour ne faire passer qu’une vision des faits et cette
mémoire ne souffre pas de témoignages actifs pour la contrer puisque ce que Annette Wiéviorka
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appelle l'ère du témoin s’achève progressivement avec la disparition des témoins directs des
conflits contemporains. Le mémorial s’impose, des lieux symboliques émergent comme le site du
Mont-Valérien choisi pour abriter le mémorial de la France combattante et inauguré le 18 juin 1960
par le général de Gaulle. Il est d’ailleurs encore aujourd’hui considéré comme le “premier Haut lieu
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de la mémoire nationale du ministère des Armées” par le gouvernement. On constate dans ce
choix de paradigme le refus de transmettre une histoire honteuse et la neutralité propre aux
historiens est mise de côté puisqu’on attribue des émotions à l’histoire. C’est dans ce glissement
que s’impose la mémoire et s’impose le paradigme victimaire. La rupture avec une partie de
70 Boursier, Jean-Yves. “L’événement, la mémoire, la politique et le musée”. Boursier, Jean-Yves. Musées de guerre et
mémoriaux : Politiques de la mémoire. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme, pp. 221-243, 2005.
71 Wieviorka Annette. L’Ère du témoin, Paris, Plon, 189p, 1998.
72 Le Mont-Valérien, Site Internet du Ministère des Armées,
https://www.defense.gouv.fr/sga/actualites/mont-valerien-principal-lieu-dexecution-resistants-dotages-larmee-allem
ande-seconde-guerre-mondiale

