Page 54 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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               territoire annexé et que le camp n’est pas du fait direct du gouvernement collaborateur mis en

               place après l’Armistice de 1940. Il n’est donc pas surprenant que le projet soit pris en charge par

               l’architecte  en  chef  des  Monuments  Historiques.  Ce  dernier  réalise  des  esquisses  de  ce  qu’il

               appelle une “Flamme-Mémorial”, le projet n’est pas réalisé au moment de sa mise en place et doit
               attendre l’année 1953 pour une application concrète avec les plans définitifs du mémorial. Cette

               prise de distance avec les camps de concentration en France et du fait de la mise en avant de la

               figure  résistante, le rejet d’une France occupée et d’un régime qui a collaboré avec l’Allemagne

               nazie est d’autant plus remarquable dans le traitement de cette histoire commune qui dérange.

               Finalement, le mémorial de la déportation du Struthof est réalisé en octobre 1953 et est décrit sur

               le  site  Internet  du  monument,  géré  directement  par  le  gouvernement  français  comme,  un

               “mausolée pour les milliers de corps inconnus réduits en cendres dans le four crématoire, privés
               d’un digne lieu de sépulture. Il doit être la tombe symbolique de ceux dont on ne retrouvera jamais

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               les  corps” .  L’inauguration  officielle  n’a  lieu  que  le  23  juillet  1960  par  le  général  de  Gaulle,
               président de la République. Comme pour le Mémorial de la Résistance en Vercors, l’architecture

               n’est pas laissée au hasard et répond à un désir de symbolique forte avec une hauteur totale de 40

               mètres ce qui rend l’édifice visible sur une longue distance. Le choix a été fait de représenter une

               flamme, comme il était mentionné dans les premiers dessins et idées de Bertrand Monnet et ce

               qui  est  une  “silhouette  émaciée  d'un  déporté”.  La  portée  du  lieu  n’est  pas  celle  des  autres

               mémoriaux étudiés jusqu’ici et diffère grandement des choix opérés à Ascq. En effet, la structure

               n’a pas vocation à accueillir du public et ne cherche pas à s’ancrer dans un tourisme de masse
               mais plutôt garder une vocation mémorielle forte comme un lieu de recueillement avec la présence

               du corps d’un déporté dit déporté inconnu pour représenter l’ensemble des déportés et une crypte

               accueillant  quatorze  urnes  contenant  de  la  terre  ou des cendres encore une fois anonymes et

               provenant d’autres camps de concentration. Le mémorial se veut être dépositaire de la mémoire de

               l’ensemble des camps de concentration et ne s’ancre pas uniquement dans une dimension locale.

               A la différence d’un massacre de civils pouvant susciter des initiatives des familles concernées,

               l’administration totale du site est faite à l’échelle nationale et le lieu est utilisé comme lieu de
               mémoire  pour  les  familles.  Dans  cet  engagement  du  gouvernement,  la  deuxième  structure  du

               souvenir  de  la  déportation  est  la Nécropole Nationale. C’est lors d’une cérémonie en mai 1957




               67  Le Mémorial et la Nécropole, Site Internet du Struthof, https://www.struthof.fr/le-site/le-memorial-et-la-necropole
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